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HISTOIRE DE L'UNIVERSITE LOMONOSSOV DE MOSCOU

Lomonossov On considère à juste titre l'Université de Moscou comme la plus ancienne université russe. Elle fut fondée en 1755. La fondation d'une université à Moscou devint possible grâce à l'activité de Mikhaïl Vasilievitch Lomonossov (1711-1765), savant éminent et premier académicien russe. En 1940, lors de la célébration de son 185 e anniversaire, l'Université reçut le nom de Lomonossov.

A. S. Pouchkine était dans le vrai quand il écrivit à propos de ce titan de la science russe et mondiale du XVIIIème siècle les lignes suivantes: "En unissant une volonté extraordinaire à une intelligence extraordinaire, Lomonossov a embrassé tous les domaines de l’esprit humain. La soif de science fut sa plus grande passion. Historien, rhéteur, chimiste, minéralogiste, peintre et poète, il éprouva tout et il pénétra tout...". Toute la puissance, toute la beauté et toute l’efficacité de la science russe, qui fut l’avant-garde de la science mondiale, tous les succès technologiques qui purent combler le retard de notre pays sur les puissances mondiales les plus avancées et nous permirent de grossir leur rang après les réformes de Pierre le Grand, tout cela est contenu dans l'activité de Lomonossov. Celui-ci attachait une grande importance à la création d’un système d'enseignement supérieur en Russie. En 1724, une Université et un Gymnase pour la formation des cadres scientifiques de Russie furent ouverts auprès de l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg, fondée par Pierre le Grand. Pourtant, ces établissements ne s'acquittèrent pas de leur mission. C'est pourquoi M. V. Lomonossov posa à plusieurs reprises la question de l'ouverture d'une Université à Moscou. Ses propositions, formulées dans une lettre à I.I. Chouvalov, furent à la base du projet de l'Université de Moscou. I.I. Chouvalov, favori de l'impératrice Elisaveta Petrovna, dirigeait le développement de la science et de la culture russes et soutenait beaucoup d'entreprises de M. V. Lomonossov.

Decree Lorsqu'elle eut pris connaissance du projet d'un nouvel établissement d'enseignement, Elisaveta Petrovna signa, le 12 janvier (le 25 janvier selon le vieux calendrier) 1755 (jour de Sainte Tatiana selon le calendrier de l'Eglise orthodoxe), le décret impérial de fonder l'Université de Moscou. La cérémonie solennelle du début des cours se tint le 26 avril (le 7 mai) 1755, le jour de la célébration de l’anniversaire du couronnement d'Elisaveta Petrovna. Dès lors, ces jours sont marqués par deux célébrations  : la conférence annuelle Les Lectures lomonossoviennes et les Journées scientifiques des étudiants.

Selon le plan de M. V. Lomonossov trois facultés furent ouvertes au sein de l'Université de Moscou: celles de Philosophie, celle de Droit et celle de Médecine. Tous les étudiants commençaient leurs études à la faculté de Philosophie où ils recevaient une première formation ès sciences naturelles et humaines. Ils pouvaient par la suite continuer leurs études dans cette même faculté ou bien se diriger vers unes des deux autres. A la différence des universités européennes, celle de Moscou n'avait pas de faculté de Théologie, ce qui s'expliquait par l'existence en Russie d'un système d'enseignement spécifique de l'Eglise orthodoxe. Les professeurs donnaient des cours non seulement en latin, qui était alors la langue scientifique universellement reconnue, mais aussi en russe.

1st MSU building L'Université de Moscou se distinguait par un corps de professeurs et d’étudiants aux idées démocratiques. Cela assura une large propagation des idées sociales et progressives de l’époque. Il figurait en effet dans le préambule du décret impérial de la fondation de l'Université que celle-ci était destinée à "la formation générale des roturiers". Quelle que soit son origine, sauf pour les serfs, on pouvait entrer à l'Université. M. V. Lomonossov s'en rapportait à l'expérience des universités européennes, où l'on élimina le principe des ordres de la société : "A l'Université, le plus respecté est celui qui est devenu le plus savant, peu importe de quelle famille il est issu". Pendant la seconde moitié du XVIIIème siècle, de tous les 26 professeurs qui donnaient des cours seulement trois furent représentants de l'ordre de la noblesse. Au XVIIIème siècle les roturiers constituaient également la majeure partie des étudiants, et les plus doués étaient envoyés dans des Universités étrangères afin d’affermir les relations avec la science mondiale.

Les crédits octroyés par l'Etat ne couvraient qu'en partie les besoins de l'Université, d'autant plus qu'au début les étudiants ne devaient pas payer leur formation. Par la suite, les étudiants indigents furent exemptés de ce payement. Par conséquent, les dirigeants de l'Université étaient obligés de rechercher de nouvelles sources de revenu. Une aide matérielle considérable fut apportée par des mécènes (les Démidovs, les Stroganovs, E. R. Dachkova et d'autres). Ils acquéraient puis donnaient à l'Université des instruments scientifiques, des collections et des livres. Ils accordaient également des bourses à certains étudiants. Les sortants eux non plus n'oubliaient pas leur alma mater. Très souvent, pendant les temps difficiles, ils se cotisaient pour subvenir à l’Université. Les professeurs léguaient traditionnellement leurs collections à la bibliothèque universitaire. Ce fut le cas des riches collections de I. M. Snégirev, P. Petrov, T. N. Granovski, S. M. Soloviev, F. I. Bouslaev, N. K. Gudzia, I. G. Petrovski et d'autres.

MSU building at 1786 L'Université jouait un rôle considérable dans la propagation et la popularisation des connaissances scientifiques. Des auditeurs libres pouvaient assister aux cours. En avril 1756 une imprimerie et une librairie furent ouvertes près de l'Université, dans la rue Mokhovaïa. Ce fut la première pierre de l'industrie du livre en Russie. A cette même époque l'Université commença à éditer deux fois par semaine "Les Vedomosti de Moscou", le premier journal non-gouvernemental du pays, et depuis janvier 1760 elle éditait "Le Poleznoe Uveselenie", la première revue littéraire de Moscou. Pendant 10 ans, de 1779 jusqu'en 1789, l'imprimerie fut dirigée par N. I. Novikov, pupille du gymnase universitaire et éminent savant russe.

Un an après la fondation de l'Université, la bibliothèque universitaire put accueillir ses premiers lecteurs. Pendant plus de 100 ans elle demeura la seule bibliothèque ouverte à tous de Moscou.

L'activité civilisatrice de l'Université de Moscou contribua à la création de centres importants de la culture russe, soit directement, soit sur l’initiative de ses professeurs. On peut citer le gymnase de Kazan (l'Université de Kazan depuis 1804), l'Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg (elle resta une antenne de l'Université jusqu'en 1764), le Théâtre Maliy et bien d'autres encore.

Le XIX siècle fut marqué par la formation de groupes d’intérêts scientifiques auprès de l’Université, tels que : la Société naturaliste, la Société de l’Histoire et des antiquités russes et la Société des Connaisseurs de la littérature.

Au XVIII siècle l’Université de Moscou accueillit en qualité d’étudiants et de professeurs de nombreuses personnes illustres : N. N. Popovski, D. S. Anitchkov,  philosophes ; V. K. Archenevski, M. I. Pankevitch, matématiciens et mécaniciens ; S. G. Zybéline, médecin ; P. D. Véniaminov, botaniste ; P. I. Strakhov, physicien ; M. I. Afonine et N. Ie. Thchérépanov, pédologues ; Kh. A. Tchébotarev, historien et géographe ; A. A. Barsov, S. Khalfine et Ie. I. Kostrov, philologues et traducteurs ; S. Ie. Desnitski et I. A. Tretiakov, juristes ; D. I. Fonvisine, M. M. Khéraskov et N. I. Novikov, écrivains et éditeurs ; V. I. Bazhénov et I. Ie. Starov, architectes.

A. I. Guertsen soulignait que l’Université combinait avec succès des tâches de formation, scientifiques et culturelles, en disant que « c’était un point crucial de l’enseignement russe », l’un des centres de la culture internationale.

La gestion de l’Université jusqu’en 1804 était faite selon « Le projet sur l’Etablissement de l’Université de Moscou par la volonté de Sa Majesté ». En 1804, on adopta la Charte de l’Université qui la rendit plus autonome. Son Président et ses doyens de facultés furent issus de ses professeurs. Le premier Président élu fut Kh. A. Tchébotarev, professeur d’histoire et littérature. Le conseils des professeurs réglait toutes les questions concernant la vie universitaire et décernait les titres. La censure ne touchait aux livres dont la publication était permise par le conseil et effectuée dans l’imprimerie universitaire. L’Université comprenait 4 facultés (départements, comme on les avait appelés à l’époque) : département des sciences politiques et morales ; département des sciences matématiques et physiques ; département de médicine et département des lettres. La durée des études était de trois années. Après les examens finaux, les meilleurs étudiants bénéficiaient de la possibilité de poursuivre en doctorat, les autres obtenaient le titre d’ « étudiant assidu ». Conformément à la Charte de 1804, l’Université élargit son domaine de compétence à la gestion pédagogique de tous les établissements d’enseignement secondaire et aux écoles des régions centrales de la Russie.

L’intervention de Napoléon en 1812 provoqua une réaction inattendue de patriotisme de la part des étudiants de l’Université de Moscou. Beaucoup d’eux s’engagèrent dans la milice et la contribution des médecins universitaires fut appréciée par M. I. Koutouzov. Lors de la présence des soldats Napoléoniens dans la ville, bien des bâtiments universitaires furent brûlés quasi complètement. La bibliothèque, les archives, le musée périrent. La restauration de l’Université devint l’affaire de toute la société Russe. Des établissements de science, des scientifiques, des personnes privées offrirent à l’Université leur argent, leurs livres, des manuscrits anciens, des collections scientifiques.

La seule bibliothèque universitaire reçut 7500 livres. Malgré une situation difficile , les professeurs et les étudiants reprirent leurs études le 1 septembre 1813. Vers les années 1920 le nombre d’étudiants dépassa le chiffre de cinq cent.

Dans la première moitié du XX siècle, l’Université de Moscou était au centre de la vie sociale de la Russie. Parmi ses pupilles il y avait beaucoup de membres d’organisations décabristes. Une tradition de libre pensée avait été adoptée par les cercles estudiantins où se trouvaient les frères Kritski, N. P. Sounegourov, V. G. Bélinski, A. I. Gertsène, N. P. Ogarev et N. V. Stankevitch. Des débats ardents se produisaient entre les Zapadniki et Slavianofili à propos des voies possibles de développement de la Russie. Les cours publiques et les discours enflammés de T. N. Granovski, chef des zapadniki, rameutaient toute l’intelligentsia russe des années 1840.

L’activité de publication était également riche et ne se bornait pas aux travaux scientifiques. L’imprimerie universitaire donna en effet naissance à des chefs d’œuvres comme les   Sonnets  de A. Mitskevitch ou les   Récits d’un chasseur  de Tourgueniev. Se souvenant des années de crise sous Nicolas 1 er , A. I. Guertsen soulignait l’importance particulière qu’avait alors l’Université :  L’Université, bien qu’étant en disgrâce, agrandissait sans cesse son influence : les forces nouvelles de Russie s’y versaient de tous les côtés, venant toutes les couches ; ses salles les purifiaient des préjugés acquis auprès du foyer familial et les rendaient égaux. Ils fraternisaient puis se dispersaient à nouveau dans tous les coins de la Russie et dans toutes les couches de la société.

Une nouvelle étape dans la vie de l’Université fut marquée par l’abolition du servage en 1861. La charte universitaire de 1863 reflétait le cours général des réformes politiques visant à renforcer le développement du pays. La croissance dans le domaine de l’industrie, de l’agriculture, les réformes de la gestion, de la Cours, de l’armée exigeaient l’élévation de la qualité de l’enseignement universitaire. Ainsi le nombre des matières universitaires et des professeurs augmenta. Une attention particulière fut prêtée à l’organisation des travaux pratiques , à celle des laboratoires et aux séminaires. Le principe d’élection du président et des doyens, supprimé sous Nicolas 1 er, fut rétabli. Les quatre facultés, des sciences historiques et sociales, des mathématiques et de physique, de droit et de médecine, accueillaient près de 1500 étudiant dont la majorité étaient roturiers.

A l’époque pré-révolutionnaire, les professeurs de l’Université de Moscou contribuèrent beaucoup à la prolifération dans les écoles en rédigeant des manuels scolaires, et bon nombre d’étudiants y travaillaient comme enseignant d’élite.

Sur l’initiative de l’Université de Moscou de nombreux musées furent crées : le Musée Polytechnique, le Musée Historique, le Musée Zoologique, le Musée d’anthropologie, le Musée des Beaux Arts (aujourd’hui Musée des Beaux Arts Pouchkine); parallèlement on construit le Jardin des plantes et le Jardin des animaux (aujourd’hui le Zoo de Moscou).

La charte universitaire de 1863 qui avait ouvert de nouvelles possibilités pour le développement de l’enseignement et de la science Russe ne vécut que jusqu’à l’an 1884. Après l’assassinat en 1881 du tsar Alexandre II par les membres du parti, le gouvernement limita à nouveau l’autonomie de l’Université, renforça le contrôle d’élection académique. Néanmoins, l’Université sut rester l’un des centres avancé de la science et de la vie spirituelle russe.

L’Université de Moscou est également associé aux noms des penseurs russes de la fin du XIX siècle et du début du XX comme à ceux de V. S. Soloviev, V. V. Rozanov, E. N et S. N. Troubetskoï, S. N. Boulgakov, P. A. Florenski. Les étudiants et les professeurs de l’Université se faisaient toujours l’écho des problèmes d’actualité de la Russie et les dirigeants des principaux partis politiques russes y faisaient leurs études.

Les étudiants de l’Université de Moscou étaient parmi les pionniers quant à la lutte pour la liberté lors de la Révolution de 1905-1907. A la réunion du 9 septembre 1905 les étudiants adoptèrent une résolution qui exigeait le renversement du gouvernement et la transformation de la Russie en république démocratique.

Le nom de l’Université de Moscou s’évoque également l’Université de Moscou à la veille de la Première Guerre Mondiale. En 1911 en signe de protestation contre le licenciement illégal de plusieurs professeurs et la violation de l’autonomie universitaire, plus de 130 étudiants et professeurs quittèrent ostensiblement les salles de l’Université. Parmi eux figuraient des savants reconnus mondialement comme : K. A. Timiriazev, P. N. Lébédev, N. D. Zélinski, N. A. Oumov, S. A. Tchapliguine, V. I. Vernadski, V. I. Pithceta et d’autres. Le gouvernement répondit par l’expulsion de l’Université de plus de mille étudiants, par les arrestations et l’expulsion de Moscou des étudiants les plus rebelles. De plus le nombre des étudiants baissa sensiblement à cause de la Première Guerre Mondiale en 1914.

Pushkin En dépit de nombreuses difficultés l`université de Moscou apporta une large contribution au développement de la science et de la culture pendant ses premiers 150 ans d’existence. Au 19 ème et au début du 20 ème siècle des savants éminents y travaillaient, représentants de l’école scientifique russe : des mathématiciens comme N.Brachman, N. Joukovski, N. Bougayev, S. Tchaplygine, des physiciens et astronomes A. Stoletov, F. Bredikhine, A. Belopolski, N.Umov, P. Lebedev, P. Schternberg, des chimistes V.Marcovnicov, V. Luginine, I. Kablukov, N. Zelinski, des biologistes et pйdologues K.Roulier, A. Filomafitski, I. Setchenov, K. Timiryazev, A. Severtsov, M. Menzbir, A. Sabanine, D. Pryanichnikov, mйdecins  M. Moudrov, F.Inozemtsev, N.Sklifosovski, G.Zakharjine, A. Ostroumov, N.Filatov, F.Erismane, V.Snegirev, un géographe et anthropologue D.Anoutchine, un géologue G. Schurovski, V. Kovalevski, A. Pavlov, un géochimiste V. Vernadski, des historiens T.Granovski, N. Nadejdine, M. Katchenovski, M. Pogodine, I.Beliayev, S. Soloviev, V. Klutchevski, V. Guerier, N. Rojkov, M. Pokrovski, Y.Gotiet, des philologues  N. Tikhonravov, F. Bouslayev, N. Storojenko, F. Fortunatov, F. Korch, V. Miller, S. Chambinago, M. Speranski, M. Pokrovski, V. Schepkine, des juristes B. Tchitcherine, K. Kaveline, M. Kovalevski, P. Novgorodtsev, desz économistes I. Babsta, A. Tchuprova, I. Yanjula, des philosophes E. et S. Trubetski, etc.

Le tourbillon révolutionnaire souffla à travers la Russie en1917 a laissé une trace contrastée dans le destin de l`école supérieure .D’un coté  elle a subi une profonde démocratisation. Les frais d`éducation furent abolis, les étudiants eurent des bourses d`Etat, car depuis 1919 l`université était financé par l`Etat. Pour assurer les connaissances nécessaires aux étudiants issus de la classe ouvrière et paysanne, depuis 1919 jusqu`en 1936 l`université organisa des cours préparatoires. Pendant la première décennie qui suivit la Révolution ce sont des savants mondialement connus qui assurèrent les cours comme   D.Anoutchine,   N. Joukovski,  N. Zelinski,  A. Severtsov,  K. Timiryazev, S. Tchaplygine, etc.

D`autre part, la scission de la société causée par la Révolution nuit beaucoup à la vie universitaire. Une partie des étudiants et des savants qui n`avaient pas accepté le nouvelle ordre politique furent obligés de quitter l` université. De plus, les réorganisations des années 1920-1930  qui avaient pour but d`augmenter le nombre des spécialistes ont aussi causé un certain préjudice à l’université. En effet les facultés de médecine, de droit soviétique et de chimie furent exclus de l`université et des institutions indépendants furent crées pour les remplacer. Quelques  départements des facultés de sciences naturelles connurent le même destin. En 1931 l`Institut de philosophie, de littérature et d’histoire furent réunis dans la faculté des sciences humaines . Des exagérations ont eu lieu dans l`organisation de l`enseignement en brigades, qui prévoyait l`abolition des cours, laissant au petit bonheur l`étude scientifique, et le remplacement de l`examen individuel par des rapport collectifs. Heureusement cette période fut de courte durée. En 1932 la méthode des brigades fut supprimée : de nouveaux programmes éducatifs furent introduits et le régime de travail de l`école supérieure changea. En 1934, pour la première fois depuis les années de pouvoir soviétique, l`université s’est vu soutenir une thèse de doctorat. Mais l`université n`a pu éviter la tragédie des années 1930-1950. La dictature idéologique et administrative des autorités entravait  la liberté de création. Les contacts avec les centres scientifiques étrangers étaient restreints et de nombreux savants ont souffert de répressions sans fondement ainsi que des directions de recherches entières, surtout dans les domaines de sciences sociales, philologiques , biologiques et cybernétiques .

Malgré ces pertes importantes , la science universitaire  en général a atteint de grands résultats dans les années 1920-1930. Vers 1941  les départements d`études comprenait 5000 étudiants et plus de 30 professeurs et collaborateurs scientifiques sont devenus membres de l`académie des sciences de l` URSS. Plusieurs savants de l`université ont également élaboré des manuels pour les écoles du secondaire et pour le supérieur.               

La Grande guerre nationale de 1941-45 fut une rude épreuve pour tous les Russes sans exclure les étudiants et les professeurs de l’Université. Les premiers officiers et les officiers politiques partirent au front le 25 juin 1941, quelques jours après le début des hostilités. Il y eut beaucoup de bénévoles qui firent preuve d’un héroisme exeptionnel.

A partir de 1941 l’Université fut evacuée d’abord à Achkhabad, ensuite à Sverdlovsk pour ne revenir dans la capitale qu’au printemps 1943. Après la défaite des troupes nazies dans les environs de Moscou en février 1942, les étudiants qui étaient restés à Moscou purent reprendre leurs études.

Pendant les 4 années de guerre l’Université forma plus de 3 000 spécialistes, et les chercheurs contribuèrent au développement économique du pays et à son industrie de défense : on développa la construction des avions et le systeme de pilotage des navires et on perfectionna le système de tir, le systeme de reajustement automatique de l’heure pour la totalite du pays fut perfectionné; on inventa de nouveaux explosifs ; on commença à utiliser la « trombine » qui accélère la coagulation du sang; on débuta les études sur les capacités de l’Uranium ; on découvrit un grand gisement de wolfram en Asie Centrale qui devient vite « un autre Bakou » ; les géographes fournirent à l’Armée Rouge le nombre nécessaire des cartes géographiques...

Les spécialistes des sciences humaines se montrèrent, eux aussi, irremplaçables pour démentir la propagande nazie, faire vivre les idéaux patriotiques et humanitaires et soutenir le moral du peuple en guerre. Les formules élaborées par les juristes de l’Université (notamment en ce qui concerne la responsabilité personnelle des chefs nazis) furent utilisées dans les procès-verbaux de Nuremberg et de Tokio.

Au total plus de 5 000 anciens étudiants combattirent, plus de 1 000 d’entre eux furent décorés par l’URSS et les pays de la coalition antihitlerienne et 7 furent nommés Héros de l’Union Soviétique.

Environ 3 000 universitaires périrent aux champs de batailles et en leur mémoire, devant le premier nouveau bâtiment des Sciences humaines, en 1975, on érigea un monument avec une flamme perpétuelle .

MSU building. Photo N.N.Molchanov

Le renouveau de l’après-guerre exigea le perfectionnement de l’enseignement à l’Université. On a vu se consolider sa base financière (son budjet sera cinq fois supérieur à celui de l’avant-guerre), la construction de nouveaux bâtiments, l’ouverture de nouveaux laboratoires munis de matériel moderne. Un nouveau complexe de bâtiments d’études ouvrit ses portes le 1 septembre 1953 pour accueillir de nouveaux étudiants.

Dans les annees 50, avec la démocratisation de la vie, les contacts avec l’étranger de l’Université s’élargissent et le spectre des recherches devient plus grand et plus varié. On créa de nouveaux centres de recherches communs a plusieurs facultés, notamment le très efficace Centre de recherche en informatique. On vit apparaître de nouvelles facultés : l’Institut des Langues orientales (des 1972 il s’appella l’Institut des Pays d’Asie et d’Afrique de l’Université de Moscou), la Faculté de Psychologie, celle de Mathématique Appliquée et de Cybernetique et pour la premiere fois dans le pays une Faculté de Pédologie. Le nombre total des étudiants (sans compter ceux qui faisaient leurs études le soir ou par correspondance) passa de 13 000 en 1953 à 31 000 en 2001.

Actuellement, l’Université de Moscou est un grand centre de formation des étudiants et de boursiers de thèse russes et étrangers. Pour les étudiants étrangers, en 1952, on créa une Ecole préparatoire, l’une des premières dans le pays, aujourd’hui le Centre de d’Enseignement aux étudiants étrangers.

Plusieurs scientifiques de renom travaillèrent à l’Université : des mathématiciens et des spécialistes en Mécanique, P. Aléxandrov, V.Goloubev, D. Egorov, M. Keldich, A. Kolmogorov, N. Louzine, I. Petrovskiy, I. Privalov, V. Stépanov, O. Chmidt; des physiciens, V. Arkadiev, L. Artsimovitch, N. Bogoliubov, S. Vavilov, V. Veksler, A. Vlasov, P. Kapitsa, I. Kourtchatov, L. Landaou, G. Landsberg, Y. Zeldovitch, A. Predvoditelev, D. Skobeltsev, I. Tamm, R. Hohlov; des chimistes, A. Balandine, I. Berezine, S. Volfkovitch, Y Guérasimov, B. Kazanskiy, V. Karguine, A. Nesmeyanov, A. Novoselova, P. Rebinder, N. Sémenov, A Froumkine, N. Emanuel; des géographes, N. Baranskiy, A Borzov, K Markov, V. Soukatchev, I. Chyukine ; des géologues, A. Arhanguelskuy, N. Bélov ; A. Bogdanov, A. Vinogradov, Y Orlov, M Filatov ; des biologistes et des pédologues, A. Belozerskiy, D. Vilenskiy, L. Zenkevitch, N. Koltsov, G. Nikolskiy, A Oparine, N. Remezov ; des historiens, A. Artsihovskiy, B. Grékov, A Gouber, N. Droujinine, N. Konrad, M Netchkina, A Pankratova, S. Skazkine, M. Tihomirov, L. Tchérepnine ; des historiens des arts, V. Lazarev, A. Fedorov-Davidov; des philologues, D. Blagoy, S. Bondi, V. Vinogradov, N. Goudziy, R. Samarine, D. Ouchakov ; des philosophes, V. Asmous, V. Volguine, G. Glezerman, E. Ilienkov, B. Kedrov ; des juristes, M. Guernet, P. Orlovskiy, A. Traynine ; .des psychologues, A. Léontiev, A. Louria, S. Roubinchtein ; des économistes, L. Berry, A Boyarskiy, V. Nemtchinov, K. Ostrovityanov, S. Tatour, N. Tsagolov, et autres.

A partir de 1917 jusqu’à nos jours, l’Uniuversité a formé environ 180 000 specialistes et 35 000 docteurs de profils les plus divers.                      

Actuellement, l`Université Lomonossov (dite MGU :Université d'Etat de Moscou) est un des centres principaux de l`instruction, de la science et de la culture nationale. Un niveau d’éducation élevé pour les cadres supérieurs, la recherche de la vérité scientifique, l`orientation vers les idéaux humanistes de la justice et de la liberté, voilà la tradition universitaire qu’elle se propose de continuer.

En juin 1992, par le décret du Président de la Fédération de Russie, l'Université de Moscou a reçu le statut d'établissement autonome d'enseignement supérieur russe. En novembre1998 après une longue discussion dans le cadre du Conseil des Conseils scientifiques de l`Université Lomonossov (dont les participants sont : les membres du Conseil scientifique du MGU, les membres des Conseils scientifiques des facultés et des instituts ,et les membres des Conseils des collectivités de travail qui n`ont pas de Conseils scientifiques), le Statut de l`Université de Moscou a été adopté.

Conformément à son Statut, le Conseil des Conseils scientifiques résout des questions stratégiques liées à l`activité de l`Université, comme l’élection du Recteur. Le Conseil scientifique (dont les membres sont le Recteur, les Vices-recteurs, les Doyens des facultés et les directeurs des instituts, de 2 à 4 représentants des professeurs des facultés et des instituts, un représentant des étudiants et des boursiers de thèse de chaque faculté et 5 membres élus du Conseil) compose la direction générale de l`Université et s’occupe des points les plus importantes dans le domaine scientifique et scolaire, des questions de communications internationales, adopte le budget, attribue les titres aux professeurs, entérine les chefs de chaires et examine les plans de développement économique et social de l`Université. Les réunions du Conseil ont lieu au moins chaque mois.

Selon le nouveau Statut, les droits des facultés et des instituts de recherche ont été élargis considérablement. Ce sont des organisations didactico-scientifiques indépendantes qui font partie de l`Université et qui sont régies par le règlement des facultés.

L'idée de démocratisation de la vie universitaire, de la transparence des décisions et l’indépendance statutaire de l'Université ont pour objectif d`assurer la liberté de l`enseignement, de la recherche et du développement spirituel de la personnalité humaine. La chaire (laboratoire, département) est la composante essentielle de l’Université, dont les étudiants et les boursiers doctorants résolvent les problèmes de l`organisation de la vie scientifique, scolaire et sociale de façon collégiale et démocratique.

L`Université Lomonossov est l'une des plus grandes universités classiques de la Fédération de Russie et a de ce fait une valeur particulière dans l`héritage culturel russe. Elle assure la préparation des étudiants dans 27 domaines et regroupe 57 spécialités, ainsi que des boursiers de thèse et des doctorants dans168 spécialités scientifiques, ce qui couvre pratiquement tout le spectre de l`éducation universitaire. De nos jours plus de 40.000 étudiants, boursiers de thèse, doctorants et spécialistes (dans le système de formation permanente) font leurs études à l`Université. En outre, près de 10.000 écoliers sont rattaché à l`Université. La recherche et l`enseignement se passent dans les musées, sur les lieux de stages, dans des centres de formation permanente, à bord de navires de recherche.

L`Université Lomonossov est le principal centre scientifique russe au sein duquel ont été formées plusieurs écoles scientifiques, dans lesquelles ont travaillé et travaillent actuellement les lauréats du prix Nobel, les lauréats du prix Lénine, des prix d`État soviétiques et russes. Parmi 18 lauréats du prix Nobel, 11 ont été promus ou bien étaient des professeurs de l`Université. 12% de toutes les découvertes réalisées en URSS reviennent aux savants du MGU. Leurs travaux sont ont été récompensés par 60 prix Lénine et par 120 prix d`État soviétiques. Au cours de la dernière décennie plus de 40 travaux ont été récompensés par des prix d`État russe. Lors du dernier décret signé par le Président, parmi les 29 travaux de l`année précédente récompensés par des prix d`État, 6 ont été exécutés par les savants de la MGU.

MSU building

La collectivité seule des professeurs et des savants assure le travail scientifique et le processus d'éducation. C`est à peu près 2500 docteurs, 6000 doctorants, plus de 1000 professeurs et 2000 maîtres de conférence et maîtres assistants, plus de 300 académiciens et membres-envoyés de la RAN, des académies et des branches d`industrie, qui travaillent à la MGU. Environ 5000 chercheurs qui s`occupent des sciences appliquées et pures mènent leurs recherches dans 310 domaines scientifiques prioritaires.

Au sein de la structure du MGU il y a 27 facultés, 15 instituts de recherche, 49 musées, plus de 350 chaires, le Parc de recherche, le Jardin botanique, la bibliothèque scientifique (qui comprend plus de 9.000.000 de livres), une maison d`édition, une imprimerie, un centre culturel, un internat qui enseigne à plus de 300 enfants venant de tous les coins de la Russie

Dans les dernières années l'Université a réalisé une série de nouveaux programmes. On a ouvert 9 nouvelles facultés et ces 5 dernières années on a créé 47 chaires et 22 laboratoires scientifiques, introduit plus de 200 nouveaux plans et programmes d'enseignement, commencé des recherches scientifiques dans le cadre de 30 nouveaux programmes interdisciplinaires et crée le cluster à calculer au rendement le plus haut comparé avec les autres institutions de la Russie.

L'université reste le centre d'innovation le plus important. Le Parc de Science, le premier dans le pays, qui transforme les acquisitions scientifiques en technologies de pointe a été ouvert à la MGU il y a 10 ans. Plus de 2 mille savants sont ainsi entraînés dans cette activité innovante.

L'Université de Moscou est une installation très complexe : elle contient mille bâtiments et édifices dont la surface total est d'environ 1 million de km2, y compris les 8 foyers d'étudiants où plus de 2 mille personnes habitent. Pourtant même ces chiffres impressionnants ne correspondent pas aux exigences du temps, aux tendances contemporaines du développement de la science et de l'enseignement. Aujourd'hui le niveau du développement des recherches scientifiques fondamentales et appliquées, leur nature interdisciplinaire et aussi les objectifs de la formation des spécialistes exigent un développement intensif et une modernisation accrue du matériel technique. En octobre 1987 le gouvernement prit la décision de la construction d'un nouveau ensemble de bâtiments pour l'Université de Moscou, équipés selon les nouveaux critères de la science et la technique modernes. Le projet de l’architecte G.Citovitch prévoyait la construction de nouveaux bâtiments pour les sciences et les études, d’une bibliothèque, d’une piscine, d’un stade, d’un palais de la culture et d'autres bâtiments de repos et de services courants. Le nouveau campus universitaire alla se situer sur l'avenue Lomonossov entre l'avenue Vernadskiy et l'avenue Mitchurinskiy, prolongeant ainsi harmonieusement un ensemble déjà formé. C’est en janvier 2005 que se termina la construction de la Bibliothèque Fondamentale de la MGU et que l’on commença l'édification de deux bâtiments scientifiques et institutionnels ainsi que de la clinique universitaire, qui est appelée à devenir un des grands centres médicaux du XXI siècle.

Un énorme potentiel scientifique conjugué à des moyens uniques pour la recherche interdisciplinaires permettent aux savants de l'Université de se concentrer sur les directions les plus innovantes en qualité de pionniers. Ces dernières années ont été marquées par d’importantes découvertes dans le domaine de la physique des hautes énergies, de la superconductibilité des hautes températures, des systèmes du laser, des mathématiques et de la mécanique, des sources renouvelables d'énergie, de la biochimie et de la biotechnique. Dans le domaine des sciences sociales les nouvelles directions de recherches se sont élaborées au contact des questions actuelles de la sociologie, de l'économie politique, de l'histoire, de la psychologie, de la philosophie et de l'histoire des cultures. Chaque année près de 1500 thèses de doctorats et 250 thèses de doctorat d’état concernant diverses branches de connaissances sont soutenues à l'Université de Moscou.

Les facultés et les chaires de l'Université prêtent beaucoup d'attention à l'amélioration de la qualité de la formation des spécialistes. Aujourd'hui encore beaucoup d’efforts sont fournis pour renouveler et perfectionner l’enseignement des étudiants et des doctorants. Dans certaines facultés la structure de l’enseignement est divisée en deux niveaux : 4 années avec l’obtention d’un diplôme de Bachelor ou bien 5 années pour poursuivre en Mastère de recherche. Dans les nouveaux programmes d'enseignement on a insisté sur le rôle du travail individuel, le lien avec la pratique et le domaine professionnel du futur promu. De plus, fut crée un centre d'enseignement socio-humanitaire inter-faculté qui enseigne aux facultés des sciences naturelles et sociales l'histoire du pays et du monde, la culture, la philologie, l'économie, le droit et l'art. Par ailleurs, on prête beaucoup d'attention à la santé des étudiants. Pendant les deux premières années d'études deux fois par semaine on prévoit des cours obligatoires de culture physique et de sport. Aux dernières années d'études ces cours peuvent être poursuivis dans des sections sportives et dans des groupes payants.

Le trait caractéristique de l'enseignement à la MGU est la combinaison du travail d'enseignement et de la recherche, d’une formation fondamentale dans une branche scientifique doublée d’une spécialisation. D'habitude les bases fondamentales sont jetées pendant les deux ou trois premières années d'études puis la spécialisation après.

Enfin on combine l’enseignement avec une activité de recherche indépendante dont la direction est choisie par les étudiants eux-mêmes. Le travail dans des cercles et des sociétés scientifiques, la participation à des conférences et aux séminaires permettent aux étudiants de faire un choix judicieux. Beaucoup de travaux d’étudiants sont édités dans des revues et des recueils scientifiques.

Certaines facultés – d’Histoire, des Lettres, des Sciences Economiques, des Sciences Sociales, de Journalisme et de Psychologie – proposent des cours du soir, et la faculté de Journalisme des études par correspondance.

Les étudiants restent à l’Université pendant 5 ou 6 ans, selon la faculté et les études choisies, en couronnant leur formation par un mémoire de fin d’études. Les études à l’Université sont traditionnellement gratuites. Pourtant, avec le développement de l’économie de marché, la situation a changé et, à partir de 1992, on a inscrit 15 % d’étudiants supplémentaires qui payaient leurs cours. L’Etat offre une bourse à ceux qui ont de bons résultats scolaires, et des chambres au foyer pour ceux qui n’habitent pas Moscou. Les promus de l’Université travaillent dans des grandes Ecoles, les Instituts de recherches scientifiques, les Ecoles secondaires, dans les sphères de production et de culture ; on les voit aussi dans les organismes d’Etat et dans les organisations sociales ou privées. Selon les statuts universitaires, pour le règlement de leurs problèmes, les étudiants et les boursiers de thèse ont leurs organes représentatifs à l’Université, dont le principal est le Conseil d’Etudiants de l’Université.

L’Université Lomonossov est aussi un grand centre de formation continue professionnelle : 5000 professeurs, employés d’entreprises, cadres et autres spécialistes s’y renouvellent annuellement. Ceux qui ont déjà une riche expérience pratique reçoivent la possibilité de prendre connaissance des nouvelles conquêtes scientifiques et techniques, en fréquentant les « Ecoles d’ingénieurs » auprès des facultés des Sciences Naturelles et Humaines. C’est le Centre de renouvellement scientifique et pédagogique et l’Institut de formation continue professionnelle des enseignants qui en ont la charge.

Pour faire survivre les traditions de vulgarisation scientifique et de propagation du savoir, le rôle des Editions de l’Université est très important. Ils proposent annuellement 400 titres d’ouvrages pédagogiques, de vulgarisation scientifique, de non-fiction, de référence etc dont le tirage total fait de 3 000 000 d’exemplaires. La liste thématique des ces publications est très variée : philosophie, psychologie, histoire, économie, Etat et droit, lettres, journalisme, mathématiques, physique, astronomie, biologie, chimie, géologie, géographie. La série de la Bibliothèque universitaire, popularisant les fleurons de la pensée philosophique, esthétique et historique, les mémoires et les oeuvres littéraires russes et étrangères, jouit toujours d’un grand prestige auprès des lecteurs. Pour les scientifiques, les spécialistes et tout ceux qui s’intéressent aux nouvelles acquisitions de la physique et des mathématiques, il existe la série « Physique : idées, acquisitions, perspectives ». Une autre série, « La Grande Révolution française, documents et recherches » réunit les ouvrages les plus intéressants des historiens universitaires. En 1991 de nouvelles séries ont été conçues, telles que « Le Passé spirituel de Russie » et « Lectures philosophiques » qui englobent les meilleurs ouvrages des philosophes, historiens et personnalités de la culture les plus éminents.

MSU Library. Photo N.N.Molchanov

La Bibliothèque de Littérature scientifique Gorky est la plus importante de l’Université. Ses fonds comptent plus de 9 000 000 de volumes, dont plus de 2 000 000 sont des livres en langues étrangères. Tous les ans, plus de 55 000 lecteurs s’adressent à cette bibliothèque pour prendre connaissance de 5,5 000 000 d’ouvrages.

L’Université Lomonossov a beaucoup de contacts internationaux, elle fait partie de l’Association mondiale des universités, signe des accords directs de coopération avec plus de 60 centres, organisations et universités d’Europe, de l’ USA, du Japon, de Chine et d’autres pays d’Asie, d’Afrique, d’ Australie, d’ Amérique Latine et du monde arabe.

A partir de 1946, l’Université fut accessible aux étudiants étrangers. Elle a déjà formé 11 000 spécialistes de 150 pays. Tous les ans, elle reçoit 2 000 étudiants et boursiers de thèse étrangers, et plus de 400 candidats étrangers qui se préparent à passer les examens d’entrée.

La coopération étrangère avec les sphères scientifique et technique est aussi une des activités de l’Université qui ne tarit point: élaboration conjointe de problèmes scientifiques, échanges de professeurs, d’enseignants, d’étudiants et de boursiers de thèse se font régulièrement. Annuellement, l’Université ouvre ses portes à plus de 2 000 étrangers pour les séjours d’études de courte durée et envoie à l’étranger à peu près le même nombre d’étudiants et de professeurs. Elle héberge les Cours internationaux de l’ONU pour la démographie, les Cours de l’UNESCO pour l’hydrologie, le Centre international de biotechnologie, le Centre scientifique international pour le laser et possède un réseau de cours et de colloques en langue russe pour les enseignants étrangers. En 1991 l’Université a créé le Collège Universitaire Français, le Collège russo-americain et l’Institut Allemand de la Science et de la Culture. Plus de 60 chercheurs, hommes d’Etat et personnalités éminentes politiques de l’étranger furent élus docteurs et professeurs honoris causa de l’Université de Moscou. Enfin, nombre de chercheurs renommés de l’Université Lomonossov sont membres honoris causa d’Académies et d’ Universités étrangères.

En janvier 2005 l’Université Lomonossov va célébrer ses 250 ans. Les festivités qui se préparent comptent plus de 800 activités .

Les deux siècles et demie d’existence de la plus ancienne des Universités russes ont permis de diffuser, grâce à ses immenses contingents de promus, les causes humanistes du bien, de la beauté et de la vérité.



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